Quel datasexuel es-tu?

publié 28 août 2012 par dans la catégorie Actualités STJOHN'S LAB

2012 voit l’avènement du Datasexuel, équivalent numérique du Métrosexuel. Quand le premier est obnubilé par son apparence, le second se soucie de manière obsessionnelle de ses données et pense qu’elles le rendent sexy. Oui, vous avez bien lu ! Mais de quelles données parle-t-on ?

Cet été, saison des tests estivaux par excellence, vous avez pu vérifier si votre couple allait passer l’été, comment séduire sur les plages, ou encore si les astres seraient avec vous au Macumba… Ce que ces tests ne vous disaient pas, c’est si vous alliez capturer tous ces moments sur Instragram, Twitter ou Facebook. Bref, si votre vie se transformerait en données.

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Nos données, symptôme d’une époque ?

Comme l’explique très bien Dominic Basulto, consultant américain qui a commis un excellent article sur ce concept (Meet the Urban Datasexual) l’origine du Datasexuel se trouve vraisemblablement liée au développement des infographies sur internet. La mise en image de nos données est devenu un moyen d’expliquer des faits compliqués et de les rendre agréables à déchiffrer. Cette tendance a vite été suivie par celle de la datavisualisation, qui permet de représenter des données sous forme d’illustrations, d’animations ou de vidéos avec l’objectif de les rendre plus lisibles et compréhensibles qu’à leur état brut.

Une des vidéos de datavisualisation les plus célèbres est le Billion-Dollar-A-gram réalisée par David McCandless, où il compare les dépenses américaines de la guerre en Irak avec la dette du gouverment américain.

Un autre grand maître dans l’art de rendre nos données attractives est Nicholas Felton, qui a l’art de rendre « cool » l’enregistrement systématique de ses activités quotidiennes et d’en faire un « rapport annuel » stylé.

Pour Dominic Basulto, la suite logique de ces tendances se trouve dans le mouvement du Quantified Self, ou quantification de soi. Ce mouvement propose de capturer, analyser et partager ses données personnelles pour mieux se connaître. Au-delà du côté philosophique de ce mouvement qui fait écho au « Connais-toi toi-même » de Socrate, les adeptes du Quantified Self utilisent des outils, applications mobiles ou divers gadgets pour suivre et analyser leur corps, humeur, nutrition, performances sportives, et partager ces informations via les réseaux sociaux.

Le Quantified Self concerne également la pratique de loisirs, les déplacements, son propre bilan carbone. Le but ultime étant d’avoir une plus grande maîtrise des différents aspects de sa vie ( hygiène de vie, budget, empreinte environnementale, etc.)

Marques et données : la monétisation en marche

Pour les marques, l’enregistrement de nos données ouvre un champ des possibles immense en terme de services à proposer ou d’utilisation de ces données que les consommateurs compilent volontairement. Nike fait partie des marques pionnières en la matière avec Nike +  qui partage le timing de votre jogging ainsi que votre vitesse via les réseaux sociaux et vous permet de rejoindre une communauté de joggers. La marque vient d’ailleurs de sortir un bracelet : FuelBand qui vous conseille pour améliorer vos performances. De nombreuses autres applications développées pour les Smartphones ont pris le pas, tel Runalyzer qui permet de connaître en temps réel sa fréquence cardiaque pendant un effort physique.

Le domaine de la santé voit se développer des applications permettant de surveiller son hygiène de vie. Weekmate permet ainsi de contrôler son sommeil, son poids, la pratique du sport, sa consommation de tabac et d’alcool, et avoir l’impression d’être accompagné d’un coach qui nous accorde des gratifications en fonction de nos comportements.

Sexy mes données ?

Dans ce contexte technologique, l’avènement d’un idéal-type adepte de cet enregistrement comportemental n’était qu’une question de temps. Si Dominic Basulto ne dispose pas de données sur ce nouvel être digital, son intuition semble juste. Qui parmi vous n’a pas déjà été agacé par une publication à outrance de photos Instagram d’un contact Facebook ? Qui n’a pas dans sa Timeline un compte qui publie des checks-in Foursquare toutes les 20 mn alors qu’il n’a fait que 2 mètres dans une même rue ? Lorsque vous lui faites remarquer qu’il pollue votre mur, sa réponse est souvent tranchante : vous ne comprenez rien aux réseaux sociaux ! Vous avez peut-être été en présence d’un Datasexuel. A quoi ressemble-t-il ?

Pour le Datasexuel, la géolocalisation est essentielle, mais Foursquare c’est dépassé. Le nec plus ultra de la branchitude, c’est l’utilisation d’une application comme Placeme qui recense automatiquement tout ce que son utilisateur fait : géolocalisation, déplacements, vitesse, temps écoulé au même endroit, achats réalisés, etc. Une utilisation extrême des fonctionnalités de nos smartphones qui fait penser à des films d’anticipation pas si vieux que cela.

Notre Datasexuel se croit sublimé par toutes ces données qu’il sème. Pour lui c’est un mode de vie, voire un mode de drague. Car toutes ces données représentent un peu de lui qui s’étale sur les réseaux sociaux. Plus besoin de remplir son profil sur Meetic, le Datasexuel estime que son temps de running ou les photos qu’il prend sur Instagram au gré de ses vacances le rendent désirable. Plus il se dévoile, plus il se sent intéressant et beau.

Mais au fond, vous êtes peut-être vous-même un Datasexuel ! Un doute ? En bon geeks, on vous a fait une jolie infographie ludique : cliquez sur l’image pour savoir si vous êtes DATAFRIGIDE, DATATIMIDE, DATALOVER ou carrément DATAPERVERS !